Dis maman, c’est quoi un solo-entrepreneur ?

Dis maman, c’est quoi un solo-entrepreneur ?

Le solo-entrepreneur, un entrepreneur comme les autres ?

J’ai récemment été invitée à représenter les solo-entrepreneures sur une table ronde lors d’une journée organisée autour de la femme et l’assurance

En tant que présidente de l’association « Elles Réussissent » qui promeut et accompagne l’entrepreneuriat féminin, je rencontre et côtoie pas mal de solo-entrepreneures. Et j’en suis une moi-même.
A la question : « C’est quoi une solo-entrepreneure ?, j’ai répondu : « C’est une femme qui a créé son emploi autour d’une expertise et qui ne veut pas de salariés ni d’associés. Elle veut rester indépendante et maîtresse de ses décisions. Cela ne signifie pas qu’elle travaille seule, mais elle le fait sous forme de partenariat ou de sous-traitance. C’est un nouveau modèle économique, différent de l’entreprise « classique » mais qui n’en a pas moins de valeur. »

Et oui, nous, les solo-entrepreneurs, sommes des entrepreneurs comme les autres !

La définition de l’entrepreneur est : « Une personne physique qui prend le risque de réunir des capitaux et des hommes, et qui a pour but de réaliser un certain nombre d’objectifs économiques. L’entreprise ainsi créée sera l’entité juridique à laquelle ces objectifs seront assignés. »
Il n’est pas décrit la façon de réunir ces hommes ! Le salariat n’est donc pas l’unique moyen pour un entrepreneur de réussir ni de créer de la valeur.
Nous ne créons pas d’emplois mais nous participons au développement économique d’autres entreprises. Ce qui économiquement revient au même. C’est-à-dire créer de la richesse qui profite à tous. Et pour moi c’est déjà un acte citoyen.

On fait souvent la confusion entre solo-entrepreneur et auto-entrepreneur. Ce n’est pourtant pas la même notion qui se cache derrière chacun de ces mots. Auto-entrepreneur est un statut juridique et fiscal comme le sont EURL ou SASU. Le solo-entrepreneur peut choisir entre ces différents statuts en fonction de sa situation et de ses ambitions. Mais ce n’est pas le statut juridique qui va définir l’entrepreneur. Comme j’ai eu l’occasion de le dire dans mon discours lors de la soirée de la femme entrepreneure le 8 mars dernier, « Etre entrepreneur c’est s’investir, c’est prendre des risques et les assumer. C’est créer de la valeur. Et c’est bien ce que fait un solo-entrepreneur par toutes les actions qu’il met en œuvre. »

J’ai interrogé d’autres solo-entrepreneurs autour de moi et voici une synthèse des réponses obtenues :

Solo-entrepreneur est une fausse appellation parce que nous ne pouvons exercer nos activités et réussir en étant totalement seuls. Il faut un réseau solide autour de nous (conjoint, banquier, comptable, confrères, apporteurs d’affaires, etc.)
– Etre solo-entrepreneur c’est prendre et assumer seul les décisions et les risques mais aussi être libre, créatif et indépendant.

Le choix du solo-entrepreneur est d’avoir une structure « légère », avec des coûts de fonctionnement limités, donc souple et adaptable aux aléas (de plus en plus fréquents) de l’environnement. Et dans une société en constante et rapide évolution, c’est un modèle économique qui a toute sa place.
On devrait peut-être plutôt l’appeler « l’entrepreneur 2.0 » 😉.

Je regrette alors qu’une partie de la société n’évolue pas aussi rapidement que l’autre et que les nouveaux modèles aient si souvent du mal à trouver la place qui leur revient. Le fait de créer du salariat est LE modèle de référence et faire autrement est peu considéré.
Je suis désappointée d’entendre que certains réseaux n’ouvrent pas leurs portes aux entreprises de moins de 2 salariés. J’ai moi-même été victime d’une nouvelle réglementation des OPCA obligeant à avoir un salarié à plein temps pour pouvoir prétendre à leur habilitation. Donc je déplore vraiment que le solo-entrepreneuriat ne soit pas considéré à sa juste valeur par la société.

Pour conclure je vais reprendre la citation de Joseph Schumpeter :

« L’entrepreneur est un homme dont les horizons économiques sont vastes et dont l’énergie est suffisante pour bousculer la propension à la routine et réaliser des innovations ». Bon, je rajouterais « femme » en plus d’homme (mais ceci est un autre combat 😉).

Oui, nous, solo-entrepreneurs, avons de vastes horizons économiques et assez d’énergie pour mettre en œuvre les actions nécessaires à leur atteinte. Et la souplesse de nos structures est favorable à l’innovation indispensable dans ce monde mouvant.

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Comments

  • POTIRON

    Bonjour Hélène
    Je suis entièrement d’accord avec ton article.
    Pourquoi aurions-nous moins de « valeur » que les entreprises avec un ou plusieurs salariés ?
    Depuis 2012, j’ai repris seule le cabinet familial et après le départ à la retraite de notre assistante à mi-temps, la formule la plus souple a été de sous-traiter une partie du secrétariat… souplesse au niveau des horaires, souplesse en fonction des périodes creuses ou pleines… et toujours en étroite collaboration avec la personne, pour que personne ne se sente lésé.
    Quant à l’autre activité développée en parallèle, impossible d’embaucher… par contre, d’envoyer les personnes en fonction de leurs besoins à d’autres praticien(ne)s, avec le plus grand plaisir, car rien de tel que le travail d’équipe pour créer une synergie.

    Agnès

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